20/02/2009

Enseignement en immersion: où, quand, comment, pour qui ?

Enseignement en immersion: où, pourquoi, comment, pour qui ?

Le cdH, malgré les errements du décret Mixité, reste très attaché à la qualité de l'enseignement, vous ne l'ignorez pas...  Hier midi, j'ai eu la chance de participer à un des "midis de l'éducation" organisé par Julie de Groote (participation libre, je vous les recommande) - consacré à l'enseignement en immersion (c.à.d. enseignement francophone avec une partie des cours en néérlandais).

Des exposés, qu'apparait-il ?

Pourquoi ?

D'abord, que l'enseignement en immersion est très favorable au développement cognitif des enfants et que l'apprentissage de la langue maternelle n'en est pas désavantagé, bien au contraire.  Il faut noter toutefois un certain retard initial qui est largement rattrapé après 3-4 ans.

Ensuite, que cet enseignement ne va pas produire des enfants 100% bilingues, donc s'exprimant avec la même aisance dans les deux langues.  Mais par contre va grandement faciliter l'expression des idées et la communication dans la deuxième langue, sans préjudice pour la première.

Pour qui ?

Enfin, il faut savoir que cet enseignement ne convient pas à tous les enfants:

  • il faut que les enfants soient motivés, car il y a un travail plus important à fournir dans la durée,
  • il faut que les parents puissent entourer l'enfant - donc eux-aussi doivent être motivés,
  • les problèmes de discalculie, dyslexie... ne sont pas créés par l'immersion, mais des problèmes pré-existants sont renforcés

Le directeur du collège St-Pierre soulignait les difficultés du choix de la filière en immersion: si la motivation a de mauvaises causes (snobisme, élitisme...), c'est mal parti !

Il est à noter que si c'est vrai pour l'enseignement en immersion, ce l'est encore plus pour inscrire un enfant en néérlandais carrément - surtout à l'âge de 6 ans, quand l'apprentissage de la langue devra se combiner avec l'apprentissage de la lecture et l'écriture.  Ceci dit, c'est la filière par laquelle je suis passé moi-même (à l'Angelusinstituut en 6ème primaire et à St-Jan Berchmans en secondaires), sans que je ne m'en porte plus mal.  Et vous connaissez certainement des enfants à Bruxelles scolarisés en NL qui en sont très heureux.

Comment ?

L'immersion présente aussi beaucoup de défis pour les enseignants et les écoles.

  • trouver des enseignants néérlandophones n'est pas évident - ils sont mieux payés dans l'enseignement NL ordinaire et pour eux, l'effort y est moins grand,
  • les manuels spécifiques n'existent pas: les enseignants doivent tout créer ex nihilo,
  • il n'y a pas de certification spécifique des enfants : les socles de compétence sont les mêmes, alors que le rythme est différent (certains concepts viendront plus vite et d'autres plus lentement),
  • le décret "mixité" ne permet plus de sélectionner les enfants sur base de leur capacités (e.a. connaissance du français) et motivation, d'où plus d'échecs,
  • l'effort pour l'école est et reste important, même après l'enthousiasme initial,
  • on ne peut théoriquement pas joindre une filière en immersion en cours de cycle: quid des enfants qui (re)viennent de l'enseignement en néérlandais ?

Politiquement, je voudrais que la Communauté Française s'attaque à ces problèmes - ainsi qu'à l'aspect "élitiste" de cette formation, par exemple par le biais d'un encadrement post-scolaire renforcés pour ceux qui auraient les capacités et la motivation, mais dont les parents n'ont pas la possibilité d'aider.

?

A WSL, deux écoles primaires communales offrent une classe en immersion: à Parc Malou et à Van Meyel.  Mais la demande est très forte...  Ces deux écoles sont d'ailleurs une belle plume au chapeau de l'échevine de l'enseignement, M. Louis : il n'y a que peu d'écoles primaires en immersion à Bxl.  A part ces deux-là, il y a ND des Grâces (Chant d'Oiseau, à partir de la 3è P) et Joli-Bois à WSP, St-Joseph Boondael (XL), Maïmonide (Anderlecht), Pré des Agneaux (Auderghem) et Homborch (Uccle).

En secondaires, rien à WSL mais sur Bruxelles, il y a des sections en immersion à St-André (XL), St-Pierre (Uccle), St-Hubert (Watermael-Boitsfort, anglais !), athénée royal de Watermael-Boitsfort, la Vierge Fidèle (Schaerbeek), St-Boniface (XL), Sacré-Coeur (Ganshoren), Ste-Ursule (Forest), ND de la Sagesse (Ganshoren), St-Louis (Bruxelles), Marie-Immaculée-Montjoie (Anderlecht), athénée Maimonide (école juive, Anderlecht) et Soeurs Notre-Dame (Anderlecht).  Une écrasante majorité d'écoles du réseau libre, ce qui explique pourquoi le SEGEC fait de gros efforts en ce sens - y compris de coordination.

Et bien sûr, les écoles néérlandophones sont également ouvertes à l'inscription des enfants de toutes les langues, mais là, on est dans un registre différent...

Excellent weekend,

Alain


 

 

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