04/03/2009

Forum Emploi à Bruxelles: compte-rendu

Hier soir, le cdH de Bruxelles réunissait des experts et de practiciens de terrain sur un thème important: l'emploi.

A Bruxelles, l'emploi est un enjeu fondamental.  Si la dernière législature régionale a vu 40 000 emplois créés à Bruxelles - et, c'est à souligner, majoritairement (80%) dans le privé - la crise actuelle n'est pas sans conséquence ici également: 5000 chômeurs en plus.  Le taux de chômage à Bxl était de 22% en 2004, il est passé sous les 20%.  Ce qui reste énorme !

Ces chiffres bruts ne disent pas encore tout.  Il y a à Bxl des disparités énormes: si WSP affiche au taux de chômage de 8,5%, Molenbeek affiche un triste 27%.  A Molenbeek, le chômage des jeunes et de 39.9%  C'est d'ailleurs une caractéristiques de la Région Bruxelloise: trop de jeunes sont sans emploi.  Comment, dans ces conditions, vouloir créer un projet de vie, bâtir une famille, vivre dans l'optimisme ?

En allant aux cause du problème, apparait également un deuxième constat: trop de jeunes sont trop peu formés, avec pour seul bagage un diplôme d'humanités inférieures et une seule langue parlée.

Comment y remédier ?

Etape par étape, voyons les problèmes et les solutions avancées hier soir:

  • Déficit de formation: effort sur les "formations qualifiantes".  Trop d'écoles techniques travaillent sur des machines datant au mieux de 25 ans.  Solution: permettre à ces écoles techniques et professionnelles de mettre leur matériel à niveau du XXIè siècle
  • Décrochage scolaire précoce, souvent par manque de connaissance en 1è primaire de la langue d'enseignement.  Solution: avancer l'âge de scolarité obligatoire à 4 ans : 2 ans pour apprendre le français, puis on peut entamer l'apprentissage de la lecture et de l'écriture.
  • Recherche limitée d'un emploi.  Solution: travail en concertation avec le VDAB, comme les accords déjà mis en route par B. Cerexhe pour le Brabant Flamand (et Zaventem), qui a augmenté la navette "sortante" de la Région de 15% en 4 ans,
  • Déli de faciès, discrimination à l'embauche - et pas seulement des "allochtones", mais aussi des femmes, des handicapés...  alors que les études montrent (eh oui !) que la diversité va souvent de pair avec une plus grande performance.  Solution: imposer le CV anonyme.
  • Rééquilibrage de l'emploi bruxellois dans les sociétés publiques (poste, SNCB...)
  • Connaissance des langues.  Solution: intensifier les cours de langue centrés sur l'utisiation pour demandeurs d'emploi.

Enfin, beaucoup d'intervenants insistaient sur le besoin de "coaching", d'accompagnement des chômeurs.  A WSP, D. De Keyzer, échevin (cdH) de l'Emploi, a initié un système de "mentorat" permettant d'accompagner des starters les 3 premières années d'existence, avec un succès certain. Des systèmes de suivi se montrent efficaces, transformant un "sans-emploi" en "chercheur d'emploi", résultat à l'appui.

Cet accompagnement est primordial - et la réactivité de ce système est capitale.  Pour cela, B. Cerexhe insistait à juste titre sur la décentralisation  d'Actiris dans les communes (en cours) et sur le besoin de fusionner Bruxelles Formation et Actiris.  Pas parce que ces deux organismes ne travaillent pas bien, mais pour leur permettre de jouer plus près de la balle.

Bien sûr, le sous-emploi à Bruxelles ne se résoudra pas du jour au lendemain.  Mais le non-emploi est un gachis humain et souvent un drame individuel qui demande toute notre attention.  Nous ommes en plein dans l'Humanisme qui est au coeur du projet cdH !

Et le travail, efficace et pragmatique, de Benoit Cerexhe a déjà porté des fruits réels - nombre d'intervenants le soulignaient - et montre que grâce à cela, Bruxelles est sur la bonne voie.

Bonne journée,

Alain

 



 


10:52 Écrit par Alain De Plaen dans Information régionale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : formation, emploi, cerexhe |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.