05/10/2009

Crise budgétaire et responsabilité... de nous tous !

Tout le monde le sait, la crise financière a des conséquences désastreuses sur les budgets de autorités, en Belgqiue , à Bruxelles, en Flandre, en Wallonie, en France, en Allemagne, aux EU, en Inde, en Afrique... : partout.  Les dépenses augmentent (chômage, aide aux entreprises en difficulté...) et les recettes diminuent (moins de bénéfices de sociétés, moins d'investissements, moins de personnes qui gagnent très bien et contribuent donc beaucoup également).

Face à cette situation, deux réactions sont possibles:

  • Faire comme si de rien n'était et emprunter pour boucher les trous.  C'est ce que le gouvernement belge a fait dans les années 70-80 et nous en payons encore aujourd'hui les pots cassés.  L'effet "boule de neige", vous vous souvenez ? C'est emprunter et laisser à nos enfants le soin de payer.  C'est inacceptable et c'est pourtant la voie choisie par certains gouvernements - et non des moindres: France, Etats-Unis...
  • Ajuster dépenses et recettes pour faire "balancer" les deux.  Oui, mais comment ?

Quelque part, il n'y a pas de mystère: si on dépense trop, on peut essayer de gagner plus ou dépenser moins.  Tout le monde le sait, mais chaque mesure envisagée déclenche une levée de bouclier des personnes concernées.

Alors quoi ? 

Je vous propose l'exercice suivant.  Partons du principe que l'Etat est géré "du mieux possible" (ce qui ne veut pas dire "bien") en l'état actuel et que la fraude est combattue "pour un mieux" (idem) et donc que planifier une augmentation de recettes de ce côté est utopique à très court terme.  Ci-dessous une série de mesures diminuant les dépenses et/ou augmentant les recettes.  A noter que certaines des mesures ci-dessous me choqueraient fort et me feraient descendre dans la rue !!!  De plus, cette liste n'est pas du tout exhaustive, ni quantitative : j'ai essayé de reprendre tout ce que j'avais entendu récemment comme idées, suggestions, ballons d'essai...

Voyez combien vous en acceptez.  Moins ce sera le cas, plus vous acceptez implicitement d'augmenter les impôts.  Ben oui, c'est l'un ou c'est l'autre. 

Enseignement

  1. Alignement des dépenses dans l'enseignement officiel sur les subsides du libre ?
  2. Ou au contraire arrêt de toute subsidiation de l'enseignement "libre", et donc établissement d'un réseau "privé payant" et d'un enseignement à deux vitesses ?
  3. Diminution des salaires des enseignants ?
  4. ... ou augmentation de leur charge horaire pour en avoir moins à payer ?

Culture

  1. Arrêt de la subsidiation au cinéma belge via le "tax-shelter" ?
  2. Suppression d'une bonne part des subventions aux institutions culturelles (et disparition d'une série d'entre elles - théâtres, musées...) ?

Fonction publique

  1. Diminution linéaire de 1% du salaire de tous les fonctionnaires ?
  2. ... ou augmentation de leur charge horaire pour en payer moins ?
  3. ... ou diminution des pensions ?

Institutionnel

  1. Suppression d'un ou plusieurs niveaux de pouvoir en Belgique (provinces et Communauté Française en tête) ?
  2. Elections majoritaires et suppression/ diminution de cabinets ministériels (c'est à mon sens lié: il faut un gvt homogène (d'un seul parti) pour éviter que les ministres n'aient à suivre aussi les dossiers des collègues)

Soins de santé 

  1. Diminution ou suppression du remboursement de certains médicaments ?
  2. Avons-nous encore les moyens de payer une médecine de pointe ?
  3. Recentrage sur le préventif au détriment du curatif ?

Chômage / pension

  1. Diminution des allocations de chômage en valeur ?
  2. Diminution des allocations de chômage dans le temps ?
  3. Diminution des pensions des salariés ? des indépendants ?
  4. ... ou au contraire taxation des "pensions complémentaires" épargnées pour compenser la faiblesse des pensions légales ?

Aménagement urbain et routes / autoroutes

  1. Suppression de l'éclairage en ville la nuit ?
  2. ou sur les autotroutes ?
  3. diminution de l'entretien ?
  4. ou arrêt des politiques de réaménagement de quartiers défavorisés - et (ré)apparition de ghettos ?
  5. Diminution de l'offre de transport en commun ?
  6. ... ou des projets d'infrastructure dans ce domaine ?
  7. ... ou augmentation de la quote-part payée par les usagers pour se rapprocher du "coût réel" ?

Logement social

  1. Déplafonner les loyers des logements sociaux (actuellement les loyers y sont fonction du revenu, mais avec un maximum) ?
  2. Diminuer les projets de nouveaux logements sociaux ?

Taxation

  1. Augmenter de façon linéaire l'impôt sur le revenu ?
  2. ... ou augmenter le niveau de la TVA (qui touche autant tous les revenus) ?
  3. Diminuer ou supprimer l'avantage fiscal du diesel sur l'essence ?
  4. ... ou supprimer les mesures de défiscalisation qui encouragent les voitures "vertes" ?
  5. taxer les grosses sociétés (et courir le risque qu'elles ne s'en aillent ou qu'elles arrêtent d'investir) ?
  6. ... ou juste les banques, avec le même risque ?
  7. Instaurer un impôt sur les grandes fortunes ?
  8. ... ou taxer les revenus locatifs ?
  9. ... ou les revenus de la petite épargne (précompte mobilier) ?
  10. Taxer l'électricité "non-verte" ?
  11. ... ou taxer le mazout de chauffage ?

Et caetera, et caetera, et caetera...  Cette liste est longue à l'infini.  Chacune de ces mesures fera mal.  Plus à certains, moins à d'autres.  Mais il me semble que quel que soit la solution proposée en définitive, les objectifs prioritaires doivent rester les suivants:

  • Garantir la solidarité, fermement, volontairement, mais sans excès et sans "institutionnalisation de l'assistanat",
  • Préparer l'avenir de nos enfants - formation, enseignement, planète et finances publiques,
  • Faciliter le redressement économique.

Chaque mesure envisagée plus haut (et toutes les autres) doit être évaluée en fonction de son impact budgétaire et des critères ci-dessus.  Sans tabous, sans cris d'effroi - et sans tapage ni déclaration tant que l'ensemble n'est pas connu.  Ne hurlons pas quand on évoque des "pistes", et que les négociateurs se taisent tant qu'ils négocient. 

Et tant pis si je dois payer mon diesel plus cher...

Bonne journée quand même !

Alain


 

 

11:11 Écrit par Alain De Plaen dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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