14/06/2010

Elections: cherchons le bon côté des choses !

On ne va pas se le cacher, le résultat de ces élections n'offre pas vraiment de quoi se réjouir.  Ce n'est pas ce que j'avais espéré, personne ne sera surpris...

Vos journaux en sont pleins, voici donc une petite analyse de plus.  Une première conclusion d'abord : malgré les apparences, je ne trouve pas que ce scrutin indique des votes très différents en Flandre qu'en Belgique francophone.  La droite perd (MR et VLD), la gauche gagne (PS et, relativement à l'ensemble, SP.A et Groen!), la droite populiste fait un siège de justesse (LDD et PP), les tenants de la ligne dure communautaire cartonnent (NVA et FDF).  Mais comme comparaison n'est pas raison : analysons par région :

En Flandre, la poussée impressionnante de la NV-A a pris tout le monde par surprise.  Je m'attendais plus à 22-23% et un CD&V à 20%.  Mais le message est clair : pour l'électeur flamand, les problèmes communautaires ont assez duré et doivent maintenant être résolu.  Voter à ce point pour la NV-A, c'est dire clairement : assez de palabres, résolvez-moi ce bazar comme vous l'avez promis.  Le CD&V n'en a pas été capable, pas plus que le VLD : buiten !  Au passage, l'effondremenet de la LDD et, moindre mais substantiel, du Vlaams Belang est soulageant.  Mesdames et Messieurs les francophones, le flamand n'est pas raciste ou populiste, il en a marre.  C'est tout.  Seul problème, il veut aussi imposer sa solution.  Et refuse d'entendre la voix de la raison francophone qui rappelle l'égalité des belges devant la loi (n'est-ce pas, Mr. les bourgmestres de la périphérie), voire le bon sens qui dit qu'emm... les gens juste pour les emm... (circulaires Peeters & co), ce n'est pas la meilleure manière de donner confiance à ses interlocuteurs.  Enfin, il se fiche complètement du sort de Bruxelles.

En Wallonie, revoilà le PS.  Et même Michel Daerden.  C'est désespérant : que faut-il pour que l'électeur wallon perde sa confiance atavique en un parti qui a fait preuve à maintes reprises de son incapacité à redresser l'économie ou même à ne pas sombrer dans le clientèlisme - voire pour certains la malhonnêteté ?  A décharge, il faut reconnaître que de nouveaux visages PS semblent différents (mais l'expérience fait que j'ai du mal à y croire) et que l'offre concurrente n'a pas convaincu : Reynders en se mettant tout le monde à dos a empêché la réalisation de son "basculement du centre de gravité" de la Wallonie.  Ecolo et cdH n'arrivent pas à convaincre être autre chose que des appendices de gauche.  Le PP n'a pas réussi à convaincre non plus, faute à un discours trop populiste ("mettre l'armée dans les rues").

A Bruxelles, force est de constater que le MR n'existe plus que comme FDF : O. Maingain fait un score impressionnant (63000 voix pour 45000 en 2007), alors que là où 5 autres colistiers faisaient 20000 voix, les meilleurs font aujourd'hui 15000 - et 3 des 5 élus sont FDF, seule Corinne De Permentier et F.X. de Donnéa "sauvant" les libéraux.  Même A. Destexhe, pourtant 4ème, n'est pas élu, c'est dire...  Le cdH perd un peu, et si J. Milquet garde son (gros) score de 33000 voix - un peu plus de la moitié d'O. Maingain - sa tête de file bruxelloise B. Cerexhe perd 2500 voix (9800 pour 12300).  Le PS gagne comme en Wallonie : ici aussi, les électeurs tenants du "discours raisonnable" (du moindre risque ?) se sont rangés derrière Elio Di Rupo et Laurette Onkelinckx (40000 pour 33000 en 2007).  Pas que ça m'enchante, mais c'est un constat...

Bruxelles est d'ailleurs le grand perdant de ces élections : Bart De Wever n'en veut pas, O. Maingain est hors-jeu, Di Rupo n'est pas intéressé par la périphérie, J. Milquet est affaiblie et non indispensable.  J'invite tous les négociateurs à relire mon billet d'il y a quelques jours (http://alaindeplaen.skynetblogs.be/post/7942177/bruxelles...) afin que Bruxelles ne retombe pas dans l'immobilisme des années '70-'80.

Et maintenant ?  Si on veut avancer - et tous les vainqueurs y ont intérêt - il faut discuter.  Faire une "paix des braves" comme demandé par le Voka, l'organisation patronale flamande.  Les vrais discussions se tiendront sans doute entre NVA et PS, à charge pour le CD&V, le cdH, le SP.A, Ecolo et Groen! de donner leur avis sur les détails.  Pour le CD&V surtout, la pilule doit être amère !

Rayon "bonnes nouvelles", voyons aussi que les éléments de discussions raisonnables peuvent exister.  O. Maingain est hors-jeu avec le MR et sur le plan socio-économique, tous ces partis ne sont pas à des années-lumières.  De plus, un accord B. De Wever - Di Rupo - (Milquet - Thijssen) peut peser suffisamment lourd pour passer véritablement, pour qu'on puisse enfin remettre la Belgique sur les rails du 21è siècle : il y a du boulot !  Et pour ceux qui sautent immédiatement de la victoire de la NV-A à la scission de la Belgique, je rappelle qu'au Québec et en Ecosse, les indépendantistes ont aussi gagné des élections...

Allez, ça ne va pas être évident, mais comme le disait Joëlle Milquet : on va y arriver ! 

Bonne semaine,

Alain

P.S.  De plus en plus, je voudrais créer un espace de réflexion politique - un groupe informel de discussion, indépendant de partis politiques mais proposant des solutions aux problèmes du moment : le communautaire, mais aussi l'économique ou l'environnemental, selon l'actualité - ou pas selon l'actualité, d'ailleurs.  Je voudrais y prolonger l'esprit de ce blog, tant en français qu'en néerlandais.  En seriez-vous ?

16:30 Écrit par Alain De Plaen dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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