18/10/2010

Négociation à 7 : une note jugée en 1,2,3 mais toujours les mêmes acteurs

Au lendemain des éections, j'écrivais qu'il y avait des raisons d'espérer : le résultat tonitruant de la NV.A et celui, tout aussi impressionnant du PS, imposaient à leurs leaders de transformer l'essai.  Mais plus de 4 mois après, mon espoir devient de plus en plus ténu.

Ce weekend, nous avons eu droit à un drame en 3 actes :
- Bart De Wever annonce qu'il va "prendre des risques, s'avancer plus loin que son rôle de président de la NVA."  Et tout le monde, médias en tête, le croit sur parole, avant même de voir en quoi il s'avance.
- Dès publication de la fameuse note, rejet généralisé dans les partis francophones., sans même le temps de la réflexion.
- Et aujourd'hui, retour au Palais Royal où je ne voudrais pas être à la place du Roi pour débrouiller tout cela.

Trois choses me frappent :
- D'une part, comment croire que BDW allait réellement "s'avancer" ?  Son seul souhait est visiblement de démontrer que la Belgique ne fonctionne pas, mais sans se retrouver avec la carte du "mauvais joueur".  Or, au lendemain de la fin de la préformation, tout le monde, partis VL et FR confondus, se retrouvait pour jeter la pierre à la NVA et à son président, incapable d'un accord.  Avec son drame du weekend, l'unicité VL est revenue pour renvoyer la faute au FR.  Etait-ce le seul but ?  Pas impossible...
- D'autre part, pourquoi toute la presse, les partis politiques, les médias... ont-ils accepté ce postulat de "prise de risque par BDW" sans même aller y ajouter un point d'interrogation ?  The proof of the pudding is eating.
- Enfin, alors même que cette note est peu équilibrée, pourquoi l'avoir rejetée en deux temps trois mouvements et en termes aussi définitifs ?  Faire, après le temps de la réflexion, une déclaration du style "il y a du bon, mais aussi des choses que nous ne pouvons pas accepter.  Il faut reprendre les négociations" était-il impossible ?  Ma conviction, c'est que la Belgique aurait été mieux servie par cela, mais évidemment cela ne permettait pas une réaction à temps pour le journal de 19h30 !

Et maintenant ?

Franchement, après tout ce temps passé à 7, il faut bien conclure que ça ne marche pas.  Alors de deux choses l'une : ou bien on retourne voter (mais ça risque de ne pas changer grand chose), ou bien on passe la main à quelqu'un d'autre - quelqu'un qui n'a pas encore été mélé aux discussions et qui a l'expérience de négociations difficiles.  Et je ne vois franchement pas qui d'autre que Louis Michel pour ce rôle. 

Ce ne serait pas en ligne avec le résultat des dernières élections ?  C'est 100% exact et ironique aussi : en 2007, la situation était inverse, avec une victoire bleue et une défaite PS - mais seul le retour du PS avait permis d'avancer...  A ce stade, je finis par être insensible à QUI prendra les rênes du gouvernement national, j'en viens juste à espérer que QUELQU'UN en prendra les rênes et recommencera à gérer ce pays avec ambition.

Allez, il reste toujours des raisons d'être optimiste.  Même quand, comme aujourd'hui, il faut franchement chercher...

Bonne journée,

Alain

14:05 Écrit par Alain De Plaen dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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