21/03/2011

Belgique : coup d'Etat silencieux ?

Belgique : un coup d’état silencieux ?

Tout le monde le sait, la situation politique belge actuelle n’est pas facile.  Les discussions communautaires sont interminables (on peut peut-être enlever le préfixe « inter »), les points de vue divergents et les solutions éloignées.

Entretemps, le gouvernement « en affaires courantes » continue.  A vrai dire, on doit bien constater qu’il travaille plutôt bien, en fait.  J’y vois la démonstration que, une fois les dirigeants politiques à l’abri des considérations électorales, ils peuvent travailler sereinement – et donc une preuve vivante que le regroupement des élections apporterait un plus à la gestion du pays.  Il y a cependant un énorme problème : un gouvernement en affaires courantes n’est pas sensé faire plus que le potopoto quotidien de la gestion du pays.  Aujourd’hui, on en est loin !

Quelques exemples : Le gouvernement nomme des administrateurs à la CBFA et à la Banque Nationale.  Le gouvernement établit un budget pour 2011, acte hautement politique s’il en est : le budget, ce sont les moyens concrets des politiques à mettre en œuvre.  Le gouvernement tranche l’accord interprofessionnel.  Le gouvernement décide l’envoi de F16 en Lybie.  Ces décisions sont-elles mauvaises ?      

Là, en fait, n’est pas la question : la démocratie, c’est aussi pouvoir protester contre des décisions du gouvernement, voire exiger sa démission et son remplacement.  Le gouvernement est responsable devant le Parlement.  Ici, c’est impossible : ce gouvernement n’est plus responsable devant ni le Parlement, ni devant personne.  Devant le Roi, peut-être, et encore : les actes du Roi doivent être contresignés par un ministre.  Le gouvernement est donc responsable… devant lui-même.  D. Reynders l’a dit également : rien n’empêche ce gouvernement de continuer jusqu’en 2014.  Voire au-delà, pour autant qu’on organise des élections tous les 5 ans.  Il n’y a pas d’autre qualification : en fait, nous assistons à un coup d’état silencieux, sans que personne ne s’en offusque, simplement parce que la démocratie belge montre son incapacité à fonctionner.  Shame, disait la manif !

Y a-t-il une solution ?  Oui, et très simple : il suffirait que ce gouvernement établisse un bref « programme de gouvernement », très limité (les attributions urgentes des affaires courantes étendues à ce qui doit se décider dans les 2 ans) et demande la confiance sur ce programme au Parlement.  Pourquoi aucun parti (aucun ! pas même Ecolo ou le Vlaams Belang, qui pourraient y voir, pour des raisons différentes, une sensibilité de leur électorat), ni aucun constitutionnaliste (Mrs. Delpérée et Uytendaele ne sont-ils pas tous deux, au Parlement pour l’un, peu s’en faut par épouse interposée pour l’autre), ni aucun intellectuel ne le réclame-t-il ?

Je ne comprends pas, mais je n’accepte pas ce coup d’Etat de fait.  Si les négociations continuent comme c’est parti, il faut que le Premier Minsitre demande la confiance au Parlement sur un programme gouvernemental réduit.  Au plus vite !

Alain

15:51 Écrit par Alain De Plaen dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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