28/03/2011

Sortons de BHV par le haut !

Sortir de BHV tout en améliorant la démocratie…

 

Cela fait maintenant longtemps que BHV empoisonne la vie politique de notre pays.  Les différents visions semblent inconciliables et toute négociation se terminera par des « vainqueurs », des « vaincus ».  Je ne crois pas que ceci soit l’unique façon d’avancer et je veux proposer mieux !

 

D’abord, quel est le problème BHV ?  C’est un problème de fond : beaucoup de francophones, originaires de Bruxelles ou non, se sont installés en périphérie depuis ces – disons 60 dernières années.  Ces francophones ont peur de voir leur voix « perdue » et donc d’être exclu du jeu politique si cette voix est noyée dans un grand ensemble « flamand ».   C’est compréhensible !  A l’inverse, les « flamands » (et le Conseil d’Etat !) ne comprennent pas pourquoi ces habitants de Flandre devraient pouvoir voter à Bruxelles, alors que ceux du Limbourg ne peuvent voter que dans le Limbourg.  Ce qui est logique…  Alors quoi ?

 

C’est simple : une voix n’est pas « noyée » lorsqu’elle a une chance de faire un élu.  Au lieu de penser « provinces », pourquoi ne pas rapprocher les élus de leurs électeurs : à chaque électeur, un et un seul élu, « son » élu, à qui on peut demander personnellement des comptes.  Et qui devient alors responsable surtout devant ses électeurs et moins devant les instances de parti.

 

Cependant, on ne peut pas proposer un scrutin uninominal à un tour : s’il suffit d’avoir plus de voix au premier tour que tous les autres, le risque est grand de voir des élus en fait peu représentatifs.  En deux tours, c’est mieux – mais c’est aller voter deux fois.  Concrètement, je propose une alternative : que chaque parti propose un et un seul candidat par « zone électorale » de plus ou moins 60 000 habitants (pour en avoir 150 au total, taille actuelle de la Chambre).   Les électeurs indiquent au moment du vote non seulement leur premier choix, mais aussi un second, troisième et éventuellement quatrième choix.  Si aucun candidat n’atteint 50% des « premiers choix », le candidat ayant le moins de premier choix est éliminé et les votes réattribués selon les deuxièmes choix de ses électeurs.  Si à nouveau personne n’atteint 50%, le nouveau «  plus faible » est éliminé, ses votes réattribués et ainsi de suite jusqu’à ce qu’un candidat passe les 50%.  Ce système, soyons clair, devrait être généralisé sur le pays et non pas seulement sur BHV, pour garantir l’égalité des citoyens.

 

Avantages :

-              Les électeurs savent immédiatement qui est « leur » élu et peuvent l’interpeler : l’élu est rapproché des électeurs,

-              Problème BHV éliminé,

-              En périphérie, les candidats francophones peuvent toujours se présenter avec une chance réelle d’être élu,

-              Sentiment démocratique plus grand, car l’électeur choisit non seulement son candidat, mais aussi ce qu’il advient de son choix si celui-ci est éliminé,

-              Moins de candidats requis au total, avec élimination des candidats « bidons »,

-              Plus faible coût électoral pour les candidats (car on se présente devant 60000 personnes et non toute une province) et donc ouverture au processus démocratique à des candidats moins aisés, comme c’est le cas pour les élections communales,

-              Chaque élu est aussi démocratiquement représentatif que son voisin au parlement et « pèse » autant que lui,

-              Système en ligne avec notre société plus « personnalisée » et néanmoins entièrement démocratique,

-              En cas de « primaires » pour choisir les candidats dans les partis, renforcement de l’attrait des partis pour ses membres : en étant membres, ils peuvent déterminer les candidats.

 

Inconvénients :

En fait, j’ai dû chercher pour en trouver, qui sont surtout techniques :

-              Système plus difficile à mettre en œuvre sans moyens informatiques (quoique, il suffit de faire des piles par candidat et de réattribuer ces piles quand le candidat est éliminé),

-              Les plus petits partis, sans candidats locaux forts ou bastions, ont une plus grande difficulté à avoir des élus.  Mais à l’inverse, un candidat « indépendant » qui convainc a de vraies chances d’être élu : il ne faut plus un « seuil électoral » sur une province entière.

 

Et maintenant ?

Maintenant, c’est à vous.  Je ne peux pas plus que proposer.  Chacun peut la relayer, voire proposer de l’améliorer, la « liker » sur Facebook ou la « forwarder » à ses amis, connaissances et politiciens.  Si nos politiciens n’en sortent pas, n’est-ce pas aux citoyens de prendre l’initiative ?

 Excellente journée,

Alain

20:48 Écrit par Alain De Plaen dans Actualité, Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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