20/12/2008

Le terme du terne Leterme: allons voter !

Le terme du terne Leterme: allons voter !

Bon d'accord, le jeu de mot n'est pas terrible...  Mais quand même, après moins d'1 an d'existence, mais 2 ans de crises et crisettes, le gouvernement Leterme I présente sa démission.  Il était temps...

Les crises se sont succédées, alors que le gouvernement manquait clairement de ligne de conduite, de chef et de projet.  Même les accords de gouvernment n'étaient pas respectés, témoin la situation des sans-papiers.  Le comble, c'est que c'est sur un des rares dossiers où le gouvernement peut présenter un bilan, la réaction face à la crise financière, que celui-ci tombe.  L'apôtre du "goed bestuur" et du "wie gelooft die man nog ?" s'est avéré incapable de réaliser les espoirs mis en lui par 800 000 électeurs, n'a su gérer ni son gouvernement ni son parti et n'a pas pu accepter la séparation des pouvoirs.  Il doit partir !

Il y a cependant une très bonne nouvelle dans toute cette affaire: le premier vainqueur, c'est l'état de droit -  en Belgique, le politique ne peut interférer avec le judiciaire !

Et maintenant ?

Maintenant, il faut avancer - et enfin rétablir un vrai gouvernement dans ce pays qui en a besoin.  Avec un chef incontesté, avec des perspectives claires, avec un esprit d'équipe et le sens de l'Etat.

En tant que démocrate, je suis convaincu que la seule bonne voie consiste à organiser des élections fédérales le plus rapidement possible.  Je sais que d'autres élections sont programmées dans 6 mois - si on peut les coupler, tant mieux, sinon tant pis.  Je sais aussi que dans les circonstances actuelles, le cdH risque de perdre des plumes et que les partis populistes (Dedecker...) risquent d'être vainqueur.  Tant pis : faisons confiance en la démocratie !

Excellent weekend,

Alain


P.S.  Je ne crois pas que mon point de vue prévalera, nous allons (encore) six mois durant avoir un gouvernement "intérimaire", à même de gérer la crise financière et de tenir jusqu'au mois de juin - qui sera alors mois d'élections régionale, communautaire, européenne et fédérale.  So be it...

P.S.2.  Celui qui est peut-être le plus à plaindre, c'est notre roi Albert II.  Comme l'année dernière, il va pouvoir passer ses fêtes de fin d'année à démeler les fils politiques de notre pays.  Il existe perspective plus réjouissante...  Bon courage, Sire !

17:59 Écrit par Alain De Plaen dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : elections, crise, leterme, fortis |  Facebook |

15/07/2008

Yves Leterme a démissionné. Et maintenant ?

Un peu plus d'un an après les élections, un peu plus de 6 mois après un premier gouvernement intérimaire d'urgence, un peu plus de trois mois après l'arrivée d'Y. Leterme comme premier ministre (sans majuscules...), Yves Leterme a présenté sa démission au Roi.

Que s'est-il passé ?  Des analyses :  vos journaux écrits, parlés et télévisés en seront pleins, je ne vais sans doute pas ajouter grand chose.

A mes yeux, le premier responsable de son triple échec est Y. Leterme lui-même.  Avant même les élections, il a créé les conditions de l'impasse d'aujourd'hui, avec un cartel CD&V/NV-A jouant la surenchère et gagnant les élections sur base d'un mensonge électoral: "5 minuten politieke moed" suffiront à réformer l'Etat belge, à obtenir tout les désidératas des plus autonomistes parmi les flamands, la scission de BHV en plus - et qui plus est, sans négociations ni concessions.  A mes yeux, que l'électeur flamand ait gobé cette fable n'est pas à son honneur...  Et maintenant :  Wie gelooft die man nog ?  Leterme est cuit et recuit, je le crains.  Je déplore l'échec de l'homme, mais pas celui du politicien - qui a radicalisé le CD&V puis n'arrivait plus à le contrôler, tel un apprenti-sorcier.

Y. Leterme est-il seul responsable ?  Non, certainement pas, ce serait trop facile.  Côté flamand, les surenchères NV-A - mais après tout, démontrer l'impossibilité du fonctionnement de la Belgique était (et est toujours) l'objectif avoué de De Wever et consort - , mais aussi les actes (Overijse, Zaventem, non-nomination des bourgmestres...) ne plaidaient pas pour un appaisement général.  Côté francophone, je crains que la balance des responsabilités du chaos ne soient pas légères non plus: les provocations d'O. Maingain et des ses troupes en périphérie (les 3 bourgmestres en tête) ont pesé lourd dans le climat.  Rien que pour cela, je regrette encore plus l'échec de Cap Woluwe en 2006: où serait la Belgique aujourd'hui si O. Maingain avait perdu à WSL et par là, sa crédibilité comme président du FDF, remplacé par D. Gosuin ?

Je voudrais cependant ne pas m'arrêter au FDF: MR, Ecolo, PS et cdH ont leur responsabilité.  En 1 an, j'ai entendu peu d'appels à la raison et à l'écoute réelle de la voix de l'autre partie de notre pays.  Peu, très peu, trop peu...  Enfin, je voudrais pointer un dernier doigt, vers nous-même - politiciens et citoyens - qui avons sans doute trop essayé de nous dire que nous avions raison, sans suffisamment se remettre en question.  Nous sommes-nous demandés si, par exemple, la peur de perte de l'identité flamande est légitime, basée sur la réalité, ou pas ? 

Dans les réactions d'aujourd'hui, la réaction de Bart Somers, président du VLD vaut la peine d'être soulignée:

"Il est plus qu'évident que provocations ou menaces ne contribuent pas à aboutir à un résultat", a déclaré le président des libéraux flamands Bart Somers à l'issue de la réunion du Bureau du parti. Pour lui, concertation et dialogue constituent la seule méthode valable.

Après la réunion, le président s'est limité à la lecture d'une déclaration et à souligner que la crise actuelle n'est pas bonne pour les citoyens, qui se préoccupent davantage de leur pouvoir d'achat, de leur bien-être et de leurs pensions.

Pour l'Open Vld, le pays a besoin d'un nouvel équilibre. "Mais ce que nous devons en réalité faire, c'est nous préoccuper de la méthode à utiliser pour réaliser une réforme de l'Etat", a dit M. Somers, affirmant qu'avec des déclarations telles que celles qui sont parfois faites par la N-VA ou le FDF, on ne fait pas un seul pas en direction d'un accord.

La seule méthode pour arriver à ce nouvel équilibre passe par la concertation et le dialogue; une méthode qui peut fonctionner dans le bon contexte et utilisée de la bonne manière, a souligné le président. Et d'insister sur l'importance de voir partis et hommes politiques prendre leurs responsabilités et réfléchir d'abord convenablement avant de se livrer à de grandes déclarations."

On ne peut qu'être d'accord...  Le pire, c'est que je crains que la solution pour BHV, entre autres, soit déjà connue, et depuis longtemps: scission de l'arrondissement (un min pour les flamands), droit d'inscription généralisé (pour sauvegarder le droit des francophones de la périphérie), création d'une communauté urbaine bruxelloise à 33 communes, premier lien fort entre Bruxelles et son hinterland.  Même si je le regrette, pas d'extension de la Région Bruxelloise, qui ne pourra avoir lieu que le jour où Bruxelles aura démontré être une vraie Région bilingue, donc qui conclut des accords non seulement avec la Wallonie mais aussi avec la Flandre - et de même type.  Une vraie troisième région, et pas une deuxième région francophone.

Aujourd'hui, le chaos est total - mais la Belgique s'en remettra peut-être, un peu plus séparée, sinon dans les faits, au moins dans les têtes de ses habitants.  Pour paraphraser John F. Kennedy, il est temps de nous demander non pas ce que la Belgique peut faire pour nous, mais ce que nous pouvons faire pour la Belgique.  Et il y a du boulot !

Bonne journée,

Alain


15:46 Écrit par Alain De Plaen dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgique, gouvernement, leterme, demission |  Facebook |